
Chapitre VI : Les transversaux – Accélérer la transformation
Le Chapitre VI du PNCD 2026-2030, élaboré par le Ministère de la Planification et de la Prospective, aborde la question centrale des « leviers transversaux » censés accélérer la transformation du Gabon. Ce chapitre met en avant quatre axes majeurs : la transformation numérique de l’État et de l’économie, le renforcement du capital humain et de l’employabilité, la gouvernance et la modernisation de l’État, ainsi que le développement du secteur privé et le financement de l’économie. Ces leviers sont présentés comme des multiplicateurs de valeur, capables de décupler l’impact des investissements dans les fondations et d’assurer la soutenabilité des résultats attendus.
L’approche transversale est pertinente et s’inscrit dans la logique des meilleures pratiques internationales. La transformation numérique, par exemple, est identifiée comme un impératif de compétitivité et de souveraineté, permettant de moderniser l’action publique, de créer de nouveaux secteurs économiques et d’améliorer l’accès aux services pour tous. De même, le renforcement du capital humain est présenté comme la clé de voûte du contrat social, condition sine qua non de la diversification et de la transformation industrielle.
Analyse critique : ambitions, incohérences et limites
À la lecture de ce chapitre, plusieurs incohérences et limites apparaissent. D’abord, la transformation numérique est décrite comme une priorité, mais le plan reste vague sur les moyens concrets de généraliser la digitalisation de l’administration et des services publics. Les objectifs sont ambitieux (dématérialiser 80% des services publics, tripler l’indice de développement du gouvernement électronique), mais les étapes intermédiaires, les ressources humaines et financières nécessaires, ainsi que la gestion du changement organisationnel sont peu détaillées. Le risque est de voir la transformation numérique se limiter à des annonces ou à des projets pilotes sans impact systémique.
Le renforcement du capital humain et de l’employabilité est également présenté comme un levier central, mais la réforme du système éducatif, la modernisation des infrastructures scolaires, la formation continue des enseignants et l’adéquation formation-emploi restent des chantiers de longue haleine. Les objectifs chiffrés (ex : doubler la proportion d’élèves en filières scientifiques, former 100 000 jeunes à l’insertion professionnelle) sont louables, mais la capacité d’absorption du système, la qualité des formations et la pertinence des filières par rapport au marché du travail ne sont pas suffisamment interrogées.
En matière de gouvernance et de modernisation de l’État, le plan insiste sur la gestion par résultats, la transparence et la décentralisation. Cependant, la réalité institutionnelle gabonaise reste marquée par la centralisation, la lenteur administrative et la faiblesse des mécanismes de redevabilité. Les réformes annoncées (digitalisation, open data, évaluation post-formation, modernisation de la fonction publique) gagneraient à être accompagnées d’un calendrier précis, d’indicateurs de suivi et d’une stratégie de gestion du changement.
Le développement du secteur privé et le financement de l’économie constituent le dernier levier transversal. Le plan prévoit la création de fonds de garantie, la promotion de l’innovation financière, le renforcement des capacités managériales et la formalisation des PME. Mais là encore, la question de l’accès effectif au financement, de la simplification administrative et de la coordination entre acteurs publics et privés reste ouverte. Les dispositifs d’accompagnement (incubateurs, mentorat, microfinance) sont évoqués, mais leur impact réel dépendra de leur déploiement à grande échelle et de leur articulation avec les besoins du tissu économique local.
Pistes de correction et rôle d’Ikolou Consulting
Pour rendre ces leviers transversaux réellement opérationnels, il est indispensable de décomposer chaque objectif en étapes annuelles ou biennales, avec des indicateurs de progrès clairs et des points de revue réguliers. Il faut également anticiper les goulots d’étranglement potentiels, qu’ils soient liés au financement, aux ressources humaines ou à la gouvernance, et prévoir des mesures d’atténuation adaptées. La réussite de la transformation numérique, par exemple, dépendra de la formation des agents publics, de la sécurisation des systèmes d’information et de l’accompagnement au changement. De même, l’efficacité des dispositifs d’employabilité et d’entrepreneuriat repose sur la qualité des partenariats public-privé, la pertinence des filières de formation et la capacité à mobiliser des financements adaptés.
C’est précisément sur ces enjeux qu’Ikolou Consulting peut apporter une valeur ajoutée déterminante. Notre équipe accompagne les institutions et les entreprises dans la structuration de feuilles de route réalistes, l’audit de la cohérence et de la faisabilité des objectifs, la mise en place d’outils de suivi-évaluation adaptés aux capacités locales, et la formation des acteurs publics et privés à la gestion axée sur les résultats. Nous croyons que la réussite du PNCD passera par une meilleure appropriation locale, une gouvernance transparente et une capacité à transformer les ambitions en résultats concrets, mesurables et durables.
Le Chapitre VI du PNCD 2026-2030 pose les bases d’une transformation ambitieuse, mais il gagnerait à être renforcé par une planification opérationnelle plus rigoureuse, un suivi-évaluation indépendant et une priorisation des actions selon leur impact et leur faisabilité. Pour y parvenir, il est indispensable de s’appuyer sur des partenaires capables d’apporter expertise, rigueur et solutions sur mesure. Ikolou Consulting se tient aux côtés des décideurs gabonais pour relever ce défi et bâtir, ensemble, un Gabon plus inclusif, résilient et prospère.
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