Chapitre VIII : Cadre macroéconomique, budgétaire et financier

Le Chapitre VIII du PNCD 2026-2030, élaboré par le Ministère de la Planification et de la Prospective, expose les hypothèses, scénarios et projections macroéconomiques qui sous-tendent la stratégie de développement du Gabon pour la décennie à venir. Ce chapitre est central, car il conditionne la crédibilité de l’ensemble du plan et la faisabilité des ambitions affichées.

Le plan affiche une volonté de transformation structurelle profonde, avec pour objectif principal d’atteindre une croissance annuelle moyenne à deux chiffres à l’horizon 2030. Les projections reposent sur une combinaison de politiques macroéconomiques saines, de réformes structurelles et d’investissements massifs, censés permettre au Gabon de doubler son revenu par habitant et de réduire de moitié la pauvreté.

Analyse critique : ambitions, incohérences et limites

À la lecture de ce chapitre, plusieurs incohérences et limites majeures apparaissent. D’abord, les hypothèses de croissance sont très optimistes : le scénario central table sur une croissance moyenne de 6,5% par an, alors que la tendance historique du Gabon est de 2,6% sur la décennie écoulée. Le plan reconnaît lui-même que doubler le revenu par habitant d’ici 2030 nécessiterait une croissance annuelle de près de 15%, un rythme rarement observé hors période de boom pétrolier ou de choc majeur. Les comparaisons avec la Chine ou d’autres économies émergentes sont peu transposables au contexte gabonais, compte tenu de la taille du marché, de la structure économique et des contraintes institutionnelles.

Les projections d’investissement sont également très ambitieuses : il s’agirait de porter le taux d’investissement global de 32,7% à 37,5% du PIB, avec une montée en puissance du secteur privé. Or, la capacité d’absorption budgétaire et la qualité de l’investissement public restent faibles, comme en témoignent les taux d’exécution historiques (souvent inférieurs à 50%) et l’inefficacité des dépenses (ICOR supérieur à 9). Le plan table sur une amélioration rapide de l’efficacité de l’investissement, mais sans détailler les réformes concrètes nécessaires pour y parvenir.

La question de la soutenabilité budgétaire et de la gestion de la dette est un autre point critique. Le plan prévoit une hausse importante des dépenses d’investissement, mais la trajectoire de réduction du déficit budgétaire et du taux d’endettement repose sur des hypothèses de mobilisation fiscale et de croissance qui restent fragiles. Les risques de surendettement sont réels, comme le souligne la dernière analyse du FMI, et la dépendance aux recettes pétrolières demeure un facteur de vulnérabilité majeur.

Les scénarios alternatifs (médian et tendanciel) sont évoqués, mais peu détaillés. Le plan reconnaît que la construction du cadrage macro-budgétaire a été rendue difficile par de multiples incohérences dans les données préliminaires. Les tableaux de synthèse présentent des variations importantes selon les hypothèses retenues, ce qui nuit à la lisibilité et à la crédibilité de l’exercice.

Enfin, la question de la priorisation des investissements, de la coordination intersectorielle et du suivi-évaluation reste en suspens. Les projections sont globales, mais il manque une ventilation sectorielle précise, des jalons intermédiaires et des mécanismes d’ajustement en cas de déviation par rapport aux objectifs.

Pistes de correction et rôle d’Ikolou Consulting

Pour renforcer la crédibilité du cadre macroéconomique, il est indispensable d’adopter une approche plus prudente et séquencée. Il conviendrait de :

  • Décomposer les objectifs de croissance et d’investissement en étapes annuelles ou biennales, avec des indicateurs de progrès réalistes et des points de revue réguliers.
  • Prioriser les investissements selon leur impact socio-économique et leur faisabilité, en tenant compte des capacités institutionnelles et budgétaires.
  • Mettre en place un dispositif de suivi-évaluation indépendant, capable d’alerter rapidement en cas de déviation et de recommander des ajustements.
  • Renforcer la transparence et la qualité des données macroéconomiques, en harmonisant les sources et en publiant des bilans réguliers.
  • Prévoir des scénarios de stress et des plans de contingence pour faire face aux chocs externes (prix du pétrole, conditions financières internationales, crises sanitaires ou climatiques).

C’est précisément sur ces enjeux qu’Ikolou Consulting peut apporter une valeur ajoutée déterminante. Notre équipe accompagne les institutions et les entreprises dans la structuration de feuilles de route réalistes, l’audit de la cohérence et de la faisabilité des objectifs, la mise en place d’outils de suivi-évaluation adaptés aux capacités locales, et la formation des acteurs publics et privés à la gestion axée sur les résultats. Nous croyons que la réussite du PNCD passera par une meilleure appropriation locale, une gouvernance transparente et une capacité à transformer les ambitions en résultats concrets, mesurables et durables.

Le Chapitre VIII du PNCD 2026-2030 pose les bases d’un cadre macroéconomique ambitieux, mais il gagnerait à être renforcé par une planification opérationnelle plus rigoureuse, un suivi-évaluation indépendant et une priorisation des actions selon leur impact et leur faisabilité. Pour y parvenir, il est indispensable de s’appuyer sur des partenaires capables d’apporter expertise, rigueur et solutions sur mesure. Ikolou Consulting se tient aux côtés des décideurs gabonais pour relever ce défi et bâtir, ensemble, un Gabon plus inclusif, résilient et prospère.

Pour un accompagnement personnalisé dans la structuration, le suivi ou l’évaluation de vos projets de développement, contactez Ikolou Consulting.