Un diagnostic sans détour : les défis structurels persistent

Le Chapitre II du PNCD 2026-2030 dresse un panorama complet des défis qui freinent le développement du Gabon, malgré les progrès réalisés ces dernières années. Le rapport identifie six grands axes de vulnérabilité : énergie et eau, emploi et entrepreneuriat, infrastructures, capital humain, diversification économique, gouvernance et institutions.

1. Énergie et eau : des ambitions freinées par la réalité

Le diagnostic pointe un déficit énergétique structurel (capacité installée de 700 MW pour des besoins de 1 200 MW), une dépendance aux énergies fossiles (65% du mix), et des pertes techniques élevées (40% pour l’eau en zone urbaine). Les inégalités d’accès persistent entre zones urbaines et rurales (92% vs 40% pour l’électricité, 93% vs 58% pour l’eau).

Incohérences et limites :

  • Les chiffres d’accès à l’eau et à l’électricité varient selon les pages du rapport.
  • Les objectifs de couverture universelle à l’horizon 2030 ne sont pas accompagnés d’un plan opérationnel chiffré ni d’une analyse de faisabilité.
  • La gouvernance sectorielle reste floue, la séparation eau/électricité est annoncée mais peu détaillée.

Pistes de correction :

  • Consolider les données de base et harmoniser les indicateurs.
  • Définir des étapes intermédiaires réalistes, avec des jalons annuels et des budgets détaillés.
  • Renforcer la régulation et la transparence dans la gestion des opérateurs publics et privés.

2. Emploi et entrepreneuriat : une crise profonde

Le taux de chômage global est estimé à 36,4% (jusqu’à 40% chez les jeunes diplômés), avec un secteur informel dominant (60% des emplois). L’écosystème entrepreneurial reste fragile, l’accès au financement est limité (crédit au secteur privé à 14% du PIB), et les dispositifs d’accompagnement sont insuffisants.

Incohérences et limites :

  • Les taux de chômage et d’emploi informel varient selon les sections.
  • Les mesures proposées (incubateurs, mentorat, microcrédit) restent générales et ne sont pas chiffrées.
  • L’impact attendu des réformes sur la création d’emplois n’est pas quantifié.

Pistes de correction :

  • Mettre en place un observatoire de l’emploi et de l’entrepreneuriat avec des données actualisées.
  • Définir des cibles chiffrées pour chaque dispositif (nombre d’incubateurs, volume de crédits, taux d’insertion).
  • Renforcer les partenariats public-privé pour l’accompagnement des jeunes entrepreneurs.

3. Infrastructures et logement : un retard à combler

Le Gabon souffre d’un déficit de 300 000 logements, d’un réseau routier peu entretenu (moins de 25% bitumé), et d’une fracture numérique persistante (couverture fibre rurale <15%). Les infrastructures portuaires et ferroviaires sont saturées ou vétustes.

Incohérences et limites :

  • Les objectifs de réduction du déficit de logement et de modernisation des infrastructures sont ambitieux mais non priorisés.
  • L’absence de plan de financement détaillé par secteur rend la trajectoire incertaine.
  • Les indicateurs de suivi sont vagues (« doubler la part du réseau routier bitumé » sans base de référence claire).

Pistes de correction :

  • Prioriser les investissements selon l’impact socio-économique (corridors logistiques, logements sociaux, hubs numériques).
  • Mettre en place un tableau de bord de suivi des infrastructures avec des indicateurs SMART.
  • Impliquer les collectivités locales et le secteur privé dans la planification et la gestion des projets.

4. Capital humain et justice sociale : inclusion à renforcer

Le rapport souligne les inégalités d’accès à la santé, à l’éducation et à la protection sociale, avec un sous-financement chronique et des disparités régionales et de genre marquées. Le taux de scolarisation secondaire reste faible (45%), la couverture sociale limitée (25%), et la mortalité maternelle élevée.

Incohérences et limites :

  • Les taux de couverture et d’accès varient selon les pages.
  • Les réformes annoncées (réhabilitation d’écoles, couverture santé universelle) manquent de jalons intermédiaires et de budgets.
  • L’articulation entre formation et emploi reste théorique.

Pistes de correction :

  • Harmoniser les indicateurs sociaux et publier des bilans annuels consolidés.
  • Définir des plans d’action régionaux pour réduire les inégalités territoriales.
  • Renforcer l’articulation entre formation professionnelle et besoins du marché.

5. Diversification, gouvernance et institutions : la clé de la transformation

La dépendance au pétrole reste forte, la diversification réelle mais lente, et la gouvernance institutionnelle souffre de centralisation, de lenteurs et de corruption persistante. La décentralisation est annoncée mais peu avancée.

Incohérences et limites :

  • Les objectifs de diversification sont nombreux mais non hiérarchisés.
  • Les réformes de gouvernance sont listées sans calendrier ni indicateurs de résultat.
  • Le suivi-évaluation repose sur une architecture lourde, peu adaptée aux capacités actuelles.

Pistes de correction :

  • Prioriser les secteurs à fort potentiel de valeur ajoutée et d’emploi.
  • Mettre en place un calendrier de réformes institutionnelles avec des indicateurs de performance.
  • Alléger et digitaliser le dispositif de suivi-évaluation pour le rendre plus opérationnel.

L’expertise Ikolou Consulting : catalyseur de solutions concrètes

Face à ces défis et incohérences, l’accompagnement par un cabinet local comme Ikolou Consulting devient un levier stratégique. Notre approche consiste à :

  • Auditer et consolider les données pour fiabiliser les diagnostics et les plans d’action.
  • Structurer des feuilles de route sectorielles avec des priorités claires, des jalons et des budgets réalistes.
  • Mettre en place des outils de suivi-évaluation adaptés aux capacités locales, pour garantir la redevabilité et l’ajustement continu des politiques.
  • Former et accompagner les acteurs publics et privés dans la conduite du changement, la gestion de projet et l’innovation sociale.

Nous croyons que la réussite du PNCD passera par une meilleure appropriation locale, une gouvernance transparente et une capacité à transformer les ambitions en résultats concrets, mesurables et durables.

Le Chapitre II du PNCD 2026-2030 est un appel à l’action pour dépasser les blocages structurels et transformer les ambitions en progrès tangibles. Pour y parvenir, il est indispensable de renforcer la cohérence des données, de prioriser les actions, et de s’appuyer sur des partenaires capables d’apporter expertise, rigueur et solutions sur mesure.