Chapitre V : Les fondations – Consolider les prérequis au développement

Le Chapitre V du PNCD 2026-2030, élaboré par le Ministère de la Planification et de la Prospective, pose les bases opérationnelles du développement du Gabon pour la décennie à venir. Il s’agit de « consolider les prérequis au développement » à travers trois domaines majeurs : la souveraineté énergétique et hydrique, les infrastructures physiques et numériques, et la sécurité/stabilité nationale. Ce chapitre est présenté comme le socle sur lequel doit reposer toute ambition de transformation économique et sociale.

Le plan insiste sur le fait que sans une consolidation préalable de ces fondations – énergie, eau, infrastructures, sécurité –, toute accélération économique ou progrès social durable resterait vaine. Cette approche est pertinente et cohérente avec les meilleures pratiques internationales en matière de développement. Les programmes proposés couvrent l’accès universel à l’électricité et à l’eau potable, la modernisation des réseaux de transport et de communication, la production de logements décents, ainsi que la modernisation des forces de sécurité et de défense.

Analyse critique : ambitions, incohérences et limites

À la lecture de ce chapitre, plusieurs points d’attention et incohérences apparaissent. D’abord, les ambitions affichées sont très élevées : doubler la production d’électricité, atteindre 95% de couverture nationale, réduire de moitié le déficit de logements, moderniser l’ensemble du réseau routier, etc. Cependant, la trajectoire pour atteindre ces objectifs reste floue. Les étapes intermédiaires, les jalons annuels et les budgets détaillés sont rarement explicités. Par exemple, le plan évoque la construction de nouveaux barrages hydroélectriques, le déploiement massif du solaire, ou encore la réhabilitation de 1 200 km de réseau d’eau, sans préciser le calendrier, les priorités régionales ou les modalités de financement.

Un autre point critique concerne la gouvernance sectorielle. Le plan reconnaît lui-même que la coordination institutionnelle est faible, que les chaînes de responsabilité sont floues, et que les réformes (comme la séparation eau/électricité ou la digitalisation des services) avancent lentement. Or, sans clarification des rôles, sans renforcement des capacités et sans mécanismes de redevabilité, il sera difficile d’assurer la cohérence et l’efficacité des investissements.

La question du financement est également un angle mort du chapitre. Les besoins sont colossaux, mais les sources de financement, la mobilisation du secteur privé et les partenariats public-privé sont peu détaillés. Le risque est donc réel de voir les ambitions se heurter à des contraintes budgétaires, à des retards de décaissement ou à une faible capacité d’absorption des projets.

Enfin, la gestion des risques et la prise en compte des vulnérabilités (climatiques, institutionnelles, sociales) restent en retrait. Le plan évoque la nécessité de renforcer la résilience des infrastructures et des services, mais sans proposer de dispositifs concrets d’anticipation, de suivi ou d’ajustement en cas de choc.

Pistes de correction et rôle d’Ikolou Consulting

Pour rendre ce socle fondamental réellement opérationnel, il est indispensable de décomposer chaque objectif en étapes annuelles ou biennales, avec des indicateurs de progrès clairs et des points de revue réguliers. Il faut également clarifier les responsabilités institutionnelles, renforcer la coordination intersectorielle et prévoir des mécanismes de suivi-évaluation indépendants. La mobilisation des financements doit être planifiée de façon réaliste, en intégrant le secteur privé et les partenaires techniques et financiers dès la conception des projets. Enfin, il est crucial d’intégrer une gestion proactive des risques, en identifiant les vulnérabilités et en prévoyant des mesures d’atténuation adaptées.

C’est précisément sur ces enjeux qu’Ikolou Consulting peut apporter une valeur ajoutée déterminante. Notre équipe accompagne les institutions et les entreprises dans la structuration de feuilles de route réalistes, l’audit de la cohérence et de la faisabilité des objectifs, la mise en place d’outils de suivi-évaluation adaptés aux capacités locales, et la formation des acteurs publics et privés à la gestion axée sur les résultats. Nous croyons que la réussite du PNCD passera par une meilleure appropriation locale, une gouvernance transparente et une capacité à transformer les ambitions en résultats concrets, mesurables et durables.

Le Chapitre V du PNCD 2026-2030 pose les bases d’un développement ambitieux, mais il gagnerait à être renforcé par une planification opérationnelle plus rigoureuse, un suivi-évaluation indépendant et une priorisation des actions selon leur impact et leur faisabilité. Pour y parvenir, il est indispensable de s’appuyer sur des partenaires capables d’apporter expertise, rigueur et solutions sur mesure. Ikolou Consulting se tient aux côtés des décideurs gabonais pour relever ce défi et bâtir, ensemble, un Gabon plus inclusif, résilient et prospère.


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